rugby coupe du monde

 

coupe du monde de football

 

Google
Web SITE

 

 

 



 

 

PARIS RENVERSE LA MONTAGNE

Longtemps dominé par une équipe clermontoise solide et appliquée, le Stade Français a attendu les dernières minutes, et deux essais transformés de Pichot et Samo, pour empocher son treizième bouclier de Brennus (23-18). L'ASM, battue pour la huitième fois de son histoire en finale, voit encore le titre lui passer sous le nez.

Le Fidjien Samo, entré en cours de match, a donné la victoire à Paris. (L'Equipe)
SUR LE MÊME SUJET
Le film du match La feuille de match La finale en images Les réactions L'actu du Top 14

Premier titre pour Galthié comme entraîneur

Le destin n'a toujours pas tourné en leur faveur. Les Clermontois, qui attendaient ça depuis quatre-vingt-seize ans et 1911, année de la création du club auvergnat, et qui languissaient surtout après sept finales perdues depuis 1936, ont une fois encore laissé le plus convoité des trophées de l'ovalie à leur ultime adversaire. Le Stade Français et son histoire déjà chargée, elle, de lauriers hexagonaux, a soulevé son treizième Bouclier de Brennus à l'issue d'une rencontre qu'il aurait pu tout aussi bien perdre mais qu'il a su retourner dans les derniers instants. Après avoir été menés (6-15) à une demi-heure de la fin, les hommes de Fabien Galthié, dont c'est le premier titre comme entraîneur du Stade Français, ont retrouvé leur jeu et inscrit l'essai de la victoire par leur Fidjien Radike Samo, entré en cours de jeu.

La première pénalité du match pour James à la sixième minute, de vingt-cinq mètres, passait à gauche des poteaux. Les Parisiens mettaient ensuite la pression avec des chandelles tapées par Hernandez. L'Argentin s'illustrait peu après par une percée de son cru, et une pénalité en sa faveur à la clé. Skrela la manquait de peu des quarante mètres. Après une charge signée Vermeulen et une faute au sol parisienne, James ouvrait le score à la 21e minute sur sa deuxième tentative de but (3-0). Clermont commençait à profiter du schéma de jeu trop restrictif du Stade Français en récupérant les ballons dans ses trente mètres et en relançant habilement pour aller porter le danger dans le camp adverse. Les Jaunards imposaient leur puissance, le pack parisien se contentant de résister comme il le pouvait. En deux occasions, sur une passe au pied de James vers les poteaux, captée par Jeanjean, puis sur une échappée de Tony Marsh, à la retraite au coup de sifflet final, Paris évitait de peu d'encaisser un essai.

Dans le droit fil de leur début de match, les joueurs de la capitale tentaient de revenir au score en privilégiant la recherche des fautes adverses. Hernandez manquait sa tentative de drop dans l'axe (30e). Une grosse bévue de Jeanjean, en voulant ramasser un long coup de pied de James dans ses vingt-deux mètres, entraînait une pénalité pour l'ASM que l'ouvreur australien passait en coin à gauche (6-0). Un nouveau ballon perdu par Paris, en touche cette fois, se traduisait par un rush jaune et bleu, conclu par Anthony Floch d'un drop tendu du gauche dans l'axe (9-0, 37e), qui bouclait le score à la pause d'une période que Clermont avait très nettement mieux gérée.

Samo délivre Paris

A la reprise, rien ne changeait. Les Bleus cafouillaient leur jeu, se mettaient de nouveau à la faute, et James réussissait une troisième pénalité de près de cinquante mètres (12-0, 43e). Son équipe ballottée en touche et manquant de tranchant, Fabien Galthié procédait à plusieurs changements, dont celui de Skrela (par Liebenberg). Hernandez, de plus de cinquante mètres, réduisait le score pour Paris (50e, 3-12). Dans la foulée, le génial «Puma», jusque-là peu inspiré, réveillait soudain ses coéquipiers d'une chevauchée dont il avait le secret, et qu'il concluait lui-même par une pénalité (53e, 6-12). Mais Clermont ne perdait pas les pédales et la botte de James se révélait à nouveau impitoyable (60e, 15-6). Une formidable envolée de Dominici avortait d'un rien, une cuillère en fait de Canale, mais Paris ramenait quand même trois points dans l'affaire sur la pénalité d'Hernandez qui s'ensuivait (9-15, 63e).

La physionomie du match commençait enfin à s'inverser. Paris, plus fort, plus saignant, imposait son rythme. Sur une poussée en plusieurs temps des avants parisiens, Pichot s'emparait du ballon et partait au ras, rien ne pouvait arrêter le demi de mêlée argentin qui aplatissait entre les poteaux. Hernandez transformait et égalisait (16-15, 70e). Mais Clermont ne baissait pas les bras. Une entrée en maul irrégulière parisienne, et James, plus implacable que jamais, inscrivait trois points d'une pénalité pas franchement facile sur la droite et les Auvergnats reprenaient l'avantage (18-15) à six minutes de la fin. Le match atteignait une intensité formidable. L'échappée fantastique de Julien Arias aboutissait à une fixation à quelques mètres de la ligne clermontoise puis à un renversement-éclair qui était terminé impeccablement près du poteau gauche d'un plongeon victorieux de Radike Samo (77e). Hernandez transformait (23-18). Le match avait définitivement tourné. Paris pouvait danser devant les milliers de drapeaux roses agités par ses supporters sur toute une moitié du Stade de France. Clermont pouvait pleurer. Le Bouclier s'envolait encore. La neuvième sera peut-être, enfin, la bonne.